Nomeny dans l’Antiquité

  •   Des origines difficiles à tracer

Nous ne possédons que peu d’informations textuelles relatant l’existence du site pour cette époque. En effet aucun texte antique, aucun itinéraire routier ou document iconographique ne signale Nomeny. Seuls deux fragments d’inscriptions ont été retrouvés sur le site. L’un est gravé sur une stèle funéraire qui fut mis au jour au lieu-dit Malnoy en 1984 lors d’opérations de prospection.

Bien que l’on ne puisse affirmer l’origine du nom du village, les historiens se proposent de la rattacher à une racine latine : « Numinius » qui correspondrait à un nom masculin de l’époque gallo-romaine. Entre le XIe s. où il est attesté comme « Mercatum Numeniacae Villae » et le XVIIe s., le bourg va faire évoluer son nom pour arriver à celui qu’il porte aujourd’hui.

Bien que quelques objets disparates datant de la Préhistoire aient pu être découverts sur le site et dans ses environs (pierre taillée datée du Paléolithique moyen, restes de silex brûlés, quelques fossiles…), les premières traces d’une occupation importante sont attestées à partir de l’Antiquité, plus précisément aux alentours de la seconde moitié du IIème s. apr. J.-C.

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Pierre taillée découverte lors d’opérations de prospection dans les années 1980

 

  •    Histoire de la recherche

C’est en contrebas du village actuel, à deux kilomètres au sud-est que se trouve le lieu-dit « Malnoy ». Implanté sur une ancienne terrasse alluviale de 196 m d’altitude, le site est naturellement limité au nord par la Seille (qui à cet endroit entaille assez profondément le calcaire de l’Hettangien-Sinémurien constituant le substrat), à l’ouest et au sud par le ruisseau dit « des Pessières » ou de « Malloy ».

Dès le XIXe s., des érudits locaux vont mentionner la présence de différents vestiges antiques tels que des « fragments de poteries, tuiles, briques, médailles, monnaies en quantité, armes, murailles, cercueils en pierre ». Un peu plus tard, l’abbé De Pardieu signalera également dans son manuscrit la découverte d’une statue de Minerve lors du creusement d’une carrière de sable.

Cependant, il faudra attendre les années 1980 pour que de véritables opérations archéologiques soient ordonnées. C’est en effet dans le cadre d’une étude sur l’évolution du peuplement et de l’habitat en Lorraine centrale de l’Antiquité au Moyen-Age, que vont être organisés sous la direction de l’archéologue Pierre Cuvelier, divers sondages ainsi que des missions de photographies aériennes et de prospection géophysique.

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              Photographie aérienne de Malnoy (R. Berton 1996)

  • Malnoy, une possible agglomération rurale ?

C’est à cette occasion que différentes structures seront repérées. Elles se rapportent en grande partie à des bâtiments d’habitats. On note également une nécropole à incinération et à inhumation contemporaine qui aurait été détectée par les chercheurs.

En parallèle, durant leurs opérations ces derniers vont sortir de terre du mobilier archéologique de nature variée. On compte notamment de la céramique gallo-romaine ainsi qu’un lot d’une cinquantaine de monnaies qui permett de proposer une période d’occupation du site allant jusqu’au courant du IVe s. apr. J.-C. Des fragments de meules (en lave du massif de l’Eifel) et une grande quantité de coquilles d’huitres font aussi partie de l’inventaire.

L’ensemble de ces informations a conduit les archéologues en charge de ces investigations à interpréter le site comme une agglomération qui aurait fonctionné dans un environnement rural dense au côté de Scarponne (Dieulouard) et Delme et dans un réseau important de petits établissements de type « fermes ».

 

  • Une continuité de l’occupation à l’époque mérovingienne

Aux IVe et Ve s., les invasions barbares, en particuliers celles des Huns (en 451) déferlent sur la région. C’est à ce moment que certaines bourgades rurales telles que Nomeny ou Liehon ont l’opportunité de se développer alors que les habitants cherchent à se regrouper pour se protéger.

L’habitat est alors déplacé vers l’est à environ 300 m de l’ancienne agglomération et sur les ruines de l’occupation antiques sont installées deux nécropoles du VIIe s. mises au jour en 1986.

Elles ont pu être datées d’une période allant de la fin du VIe au VIIe s. Il s’agit de nécropoles  de type « en rangée » d’orientation sud-ouest/nord-est, où l’on retrouve  la tête du défunt placée au nord-ouest.

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Une partie du mobilier découvert dans les nécropoles mérovingiennes