L’église Saint-Etienne de Nomeny

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Lapidation de Saint-Étienne, église de Viols-le-Fort (34)

Quand on y regarde bien, toutes les églises ont un nom, même l’église de Nomeny, mais peu de gens savent ce que signifie le nom des églises. Heureusement, pour celle de Nomeny, nous pouvons vous donner une petite idée la signification de Saint-Étienne.

À l’origine, Saint-Étienne portait un nom grec : Stephanos. Ce n’est qu’en se convertissant qu’il prend le nom d’Étienne. Il apparaît dans la communauté chrétienne de Jérusalem comme l’un des premiers diacres (serviteur) à la table du Christ, mais il prend quand même part aux dialogues autour de la table.

Ce n’est pas pour sa charité qu’il est arrêté mais bien pour avoir proclamé avec sagesse l’Évangile de Jésus, le Christ, devant la synagogue.

On le conduit devant le tribunal juif. Il parle. On l’écoute longuement sans l’interrompre. Toute la prédication des apôtres défile dans son discours qui se termine par une vision divine: « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’Homme debout à la droite de Dieu. »

C’en est trop. On se saisit de lui, on l’entraîne, on le lapide sous les yeux d’un certain Saul. Étienne meurt comme son Maître, pardonnant et s’abandonnant entre les mains du Père.

Le culte du premier martyr de l’histoire chrétienne apparait à partir du Ve siècle lorsque l’Église invente le culte des reliques de ce Saint. Beaucoup d’églises portent la dédicace à Saint-Étienne. Ces églises ont d’ailleurs toutes vues le début de leur construction au Ve siècle. On peut alors supposer que l’église Saint-Étienne de Nomeny aurait été construite elle aussi dans ces années-là.

 

  • Au commencement était l’église de Nomeny

 

L’église Saint-Étienne de Nomeny existe dans les écrits à partir 609, puisque l’évêque Papolus, alors évêque de Metz donna en l’an 609, l’église de Nomeny à l’abbaye Saint-Symphorien, sa propre ville épiscopale. Puis à travers le temps et les personnalités notables de l’époque, on voit qu’elle perdure. En effet, en 775 Charlemagne en personne (ainsi que ses descendants) prit la petite église sous son aile.

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Mais il se trouve que l’origine de Nomeny remonterait encore plus haut dans le temps. En effet lors de fouilles entreprises en 1989, par Pierre Cuvelier en raison d’un affaissement de l’un des collatéraux de l’église, on mit au jour un autre pan de l’histoire de l’église de Nomeny. La découverte d’une colonne antique ornée d’écailles laisse penser qu’il y aurait eu avant la toute première église chrétienne, un autre lieu de culte mais romain cette fois-ci.

 

L’église que l’on peut admirer aujourd’hui dans le village ne date malheureusement pas du Moyen-Age. Les affres de la Première guerre Mondiale ont fait qu’il ne restait de l’église que quelques pans de murs encore debout.

Elle a été totalement détruite en 1914, le 20 août plus précisément par un obus allemand qui est tombé sur le clocher et qui a entraîné toute la structure de l’édifice vers le sol. Cependant, la destruction de l’église au XXe siècle a mis au jour des fondations plus anciennes. Ce qui a permis de dire que l’église que l’on connaissait avant la guerre n’était pas le premier édifice religieux chrétien présent dans le village. Y aurait-il eu un édifice roman avant l’édifice gothique que l’on connaissait avant la guerre ?

 

 

  • Ce que l’on peut admirer dans l’église aujourd’hui.

 

L’édifice que l’on peut voir aujourd’hui à Nomeny, et qui a été reconstruite sur les plans de celle qui datait du Moyen-Age, est un mélange d’art gothique primitif et d’art roman surtout lorsqu’on regarde le clocher.

Elle fait 24m de long et 22m de large et elle a 10m de hauteur sous voûte. On entre par le portail ouest directement dans la première travée de l’église. L’église comporte une nef principale et quatre vaisseaux collatéraux si l’on poursuit sa route vers l’avant nous arriverons dans une abside semi-circulaire.

 

L’église est richement ornée. On remarque notamment un vitrail qui représente le mariage de Louise de Vaudémont, fille du marquis de Nomeny et née dans le village, avec le futur roi de France : Henri III.

Sans compter les vitraux de la Sainte Famille, celui du baptême du Christ par Saint-Jean-Baptiste ou encore la nativité.

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Mariage de Louise de Vaudémont et Henri III

 

La statuaire est elle aussi très importante avec une pietà polychrome du XVe ou encore une vierge à l’enfant en bois de poirier (juste à coté du chœur dans l’église et datant du XVIe siècle.

 

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Vierge à l’enfant en bois de Poirier